Histoire et culture du Canada, épisode 6 : L’Ontario

Partir en roadtrip, c’est aussi l’occasion de découvrir une culture, une histoire. On la découvre, racontée par celles et ceux qui vivent sur place, ou par ces monuments encore debout et entretenus ou même par ces formations géologiques préservées et documentées. Le Canada, tel qu’on le connaît actuellement, est considéré comme un jeune pays. Pourtant cette terre a été façonnée il y a des milliers d’années et habitée par différents peuples, à travers les âges. C’est ce que j’ai découvert après ces 30 000 kilomètres à moto.

Pour ce sixième volet de la série Histoire et Culture du Canada, je vous emmène à la découverte de l’Ontario, mais ne comptez pas sur moi pour vous faire une énième page de pub pour les chutes du Niagara ou Ottawa.

Ah, l’Ontario, la province qui recense le plus grand nombre d’habitant.es, où s’affrontent Ottawa, capitale fédérale, et Toronto, la capitale provinciale. Le cœur politique du pays versus le cœur économique. La ville familiale versus la mégalopole grouillante de vie. À Ottawa, on veut absolument sa photo du Parlement, qui fait autant parler de lui que l’Elysée ; mais aussi patiner sur le canal rideau en plein hiver et déguster une queue de Castor avec un chocolat chaud pris au Marché By. À Toronto, on visite la Tour CN pour une impressionnante vue sur la Hollywood canadienne ; on prend son billet pour encourager les Blue Jays ou les Maple Leafs ; et l’on finit exténué après avoir déambulé dans chaque quartier pour découvrir toutes les facettes de la ville. Et ses cultures.

Ainsi, quand on évoque l’Ontario, on pense surtout à ces deux villes. Et aux chutes du Niagara. On pense rarement à Kenora, ville limitrophe du Manitoba, réputée pour ces milliers de lacs qui l’entourent. On pense rarement à l’île Manitoulin, plus grande île en eau douce du monde. On pense aussi rarement à Sault-Saint-Marie, Thunder Bay, et à ces autres municipalités, plus ou moins grandes et aux rôles majeurs dans l’histoire et l’économie nord-américaine. Et on oublie tant de lieux dignes de cartes postales et aux richesses naturelles époustouflantes : Péninsule de Bruce, Parc Algonquin, Parc provincial de Quetico, région des Highlands, et j’en passe.

Aller en Ontario, c’est décider de prendre le temps. La maxime est applicable à l’ensemble du Canada dont la superficie invite au tourisme lent : vous pouvez aisément alterner entre ville et arrière-pays et cheminer à la croisée des diverses cultures qui ont forgé la province. Si vous voulez sortir des sentiers battus, voici trois itinéraires pour visiter l’Ontario autrement.

Parc Algonquin, Highlands et Baie Georgienne

Réputées pour les motard.es, les Highlands de l’Ontario donnent une saveur inégalée à votre parcours. Les courbes n’en finissent pas. Les virages à épingles vous surprendront. Les denses forêts, parées d’un triptyque orange-rouge-jaune à l’automne, vous plongeront dans un univers féerique. De nombreux motocyclistes s’y sont essayés et beaucoup y sont revenus, encore et encore. Rouler dans les Highlands, c’est prévoir une escapade de plusieurs jours, avec des arrêts incontournables pour s’émerveiller, entre culture et nature. En traversant le Parc Algonquin sur l’autoroute 60, vous aurez sans doute envie de vous arrêter pour en savoir plus sur l’histoire de ce parc et comprendre ce qui en fait sa renommée. Peu après Dwight, vous pouvez sortir de l’itinéraire suggéré pour vous engager sur la route 35, direction la tour Dorset. La vue sur Lake of Bays en vaut la chandelle ! Entre Smith Falls et Perth, si le passage par Kingston ne vous botte pas tant que ça, vous pouvez continuer sur l’autoroute 7 et faire un mini-détour par la fromagerie Black Forty. Sa réputation n’est pas volée et quand on est en manque de fromage, parole de Française, la halte est bienvenue. Puisqu’on est sur le sujet « pause gourmande » histoire d’amasser du trafic, il n’y a pas qu’au Québec que vous trouverez une grande diversité de bières artisanales. À travers ce périple, vous pouvez ajouter plusieurs arrêts dans des micro-brasseries : Dog House Brewing Company, Calabogie Brewing Company Boshkung Brewing Company, pour ne citer que celles que j’ai pu goûter. Lorsque vous arriverez à l’extrême ouest de ce trajet, vous entrerez dans un autre monde : celui des lacs, avec une fenêtre sur la Baie Georgienne. Si vous décidez de vous arrêter avant de poursuivre votre boucle, vous pourrez profiter de l’immensité du lac, des reliefs accidentés de la baie et, même, vous offrir un tour des 30 000 Îles. Difficile de choisir mais on vous l’a dit : prenez-votre temps. Le parcours représente un peu plus de 1 000 kilomètres, soit la traversée de la France du nord au sud.

La péninsule de Bruce et l’île Manitoulin

Saviez-vous que l’île Manitoulin, située dans le lac Huron, est la plus grande île du monde en eau douce ? 180 kilomètres de longueur, 50 kilomètres de largeur, rien que ça ! En plus, elle possède également trois lacs majeurs avec…des îles ! Des lacs dans un lac. Des îles dans une île. Fantastique non ? On peut traverser l’île en moins de deux heures et n’y rester qu’une journée mais on peut aussi tomber amoureux de ce lieu unique, terre ancestrale de six nations M’Chigeeng, Sheguiandah, Sheshegwaning, Aundeck Omni Kaning, Wiikwemkoong et Zhiibaahaasing. Aujourd’hui, les premières nations représentent près de 40 % de la population de l’île. En prenant la route 6 direction le nord, on peut s’engager vers le Lac Supérieur, tandis que vers le sud, en prenant le ferry direction Tobermory, on peut continuer à vivre la magie de la péninsule de Bruce.

À Tobermory, vous pourrez faire l’expérience unique et presque incongrue d’observer des épaves puisque vous êtes à deux pas du Fathom Five, un parc national marin. En plongeant, vous pourrez voir pas moins de 20 épaves historiques, goélettes, péniches, barques et même navires à moteur. Et si vous êtes plutôt faune ou géologie marine, les eaux turquoises vous raviront. Avant de reprendre la route 6, prenez le temps de randonner dans le Parc national de la péninsule Bruce, pour notamment, admirer Indian Head Cove et sa roche blanche de calcaire. Si vous en avez l’opportunité, continuez à longer le bord du lac sur la route 26 jusqu’à atteindre Wasaga Beach. L’endroit vous dépaysera assurément. Si vous avez opté pour la route 21, pour longer le lac côté ouest, les occasions pour pour profiter des plages de sable fin sont nombreuses : Sauble Beach pour la plus touristique, Port Elgin pour la plus familiale, Lurgan Beach pour la plus confidentielle.

De Thunder Bay à Kenora, une boucle entre les cours d’eau et parcs provinciaux

Encore une boucle ? Quand on a l’opportunité d’emprunter deux routes différentes, les autoroutes 17 et 11, pour appréhender un territoire gros comme la Suisse, pourquoi se priver ? Vous emprunterez deux trajets de la transcanadienne. Quand le premier est plus court et au trafic plus dense, le seconde vous transporte presque hors du temps (cette phrase est à remettre dans le contexte canadien : ne vous attendez pas à être bloqué à un endroit sur l’autoroute 17, vous aurez simplement plus de camions, ce qui ne vous empêchera pas d’avaler de nombreux kilomètres sans croiser ou doubler qui que ce soit). La route 17 vous proposera plusieurs points de vues mais c’est la route 11 qui m’a vraiment interpellée. La portion entre Kenora et Nestor Falls regorge de virages, qui vous font apprécier chaque forêt, lac ou rivière traversés. En arrivant à Fort Frances, vous vous trouvez à la frontière avec les États-Unis. Prenez le temps de visiter cette ville à l’empreinte francophone marquée. Elle est la première colonie établie à l’ouest du Lac supérieur, par un explorateur de la Nouvelle-France, Pierre Gaultier de Varennes, sieur de la Verendrye (je vous renvoie à mon article sur l’Acadie pour réviser un peu les territoires de l’époque).

Vous traversez sans cesse les cours d’eau et sans jamais vous lasser, c’est promis. Peu après Fort Frances, vous aurez de nombreux points de vue sur le Lac à la pluie. À proximité de Thunder Bay, impossible de ne pas visiter le Parc Provincial de Quetico. Comme le reste de la région, il est composé de lacs, qui se comptent par milliers ; de sentiers de randonnées, de chutes d’eau ; bref, une réserve naturelle préservée. Et puisque on a évoqué les deux grandes villes de cette boucle, Kenora et Thunder Bay, elles ne sont pas à négliger. Mention spéciale au centre de Kenora et au lac Anicinabe, dont le terrain de camping m’avait été recommandé. Même en sous le déluge, l’endroit n’a pas déçu.

Il est difficile de dresser une liste des plus beaux endroits où s’arrêter tant l’Ontario, par cette si particulière géographie, invite à la contemplation. Et c’est sans oublier le nombre de réserves des Premières Nations que vous traverserez. Si vous souhaitez en savoir plus, vous serez servi.es.

Comment se rendre en Ontario ? Par voie terrestre : Depuis Montréal, vous pouvez rejoindre Ottawa par la route transcanadienne ( 2 heures) ou opter pour une route secondaire mais scénique le long de la rivière des Outaouais (3h50). Si vous vous dirigez vers Toronto, comptez 5h30 heures depuis Montréal (8 heures depuis la ville de Québec) via l’autoroute 40. Préparez-vous à une circulation difficile dès une heure avant Toronto. Le mieux est de vous garer à proximité d’Oshawa et d’opter pour un bus ou le train direction downtown.
Par voie aérienne : Toronto et Ottawa sont les deux principaux aéroports de la province et desservent le monde entier. Selon votre lieu d’origine ou destination, vous pouvez également viser Thunder Bay.
Par voie ferrée : Avec Via Rail, vous pouvez voyager à l’intérieur de la Province, ou bien, partir pour la grande épopée à destination ou en provenance de Vancouver.
Par voie maritime : Voileux ou voileuse dans l’âme, c’est peut-être votre moment de faire une expérience unique , à travers les voies navigables de l’Ontario. En empruntant la voie maritime du Saint-Laurent, vous rejoindrez la côte nord du Québec pour déboucher dans l’Atlantique. Et comme les grands lacs, Lac Huron, Lac Supérieur, Lac Erié et Lac Ontario sont à la frontière entre Canada et États-Unis, vous pouvez naviguer de l’un à l’autre pays, en respectant les règles de douane, bien entendu. Vous pouvez aussi découvrir l’Ontario en kayak ou canoë à travers le réseaux de rivières, cours d’eau et canaux.
Comment se déplacer ? La superficie de l’Ontario invite à l’utilisation de la voiture, du van, ou de la moto. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, vous découvrirez une diversité de paysages à laquelle vous ne vous attendiez peut-être pas. Highlands ontariennes et parc algonquin, région des milles îles, grands lacs et nord de la province – chaque route empruntée est un voyage en lui-même.

Pour en savoir plus sur le tourisme en Ontario, rendez-vous sur la page officielle de l’office du tourisme.

Pour l’article en anglais, c’est ici.

Une réponse à « Histoire et culture du Canada, épisode 6 : L’Ontario »

  1. […] To find out more about tourism in Ontario, visit the official Tourism Ontario page.For the article in French, click here. […]

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