Histoire et culture du Canada, épisode 5 : Le Nouveau-Brunswick

Partir en roadtrip, c’est aussi l’occasion de découvrir une culture, une histoire. On la découvre, racontée par celles et ceux qui vivent sur place, ou par ces monuments encore debout et entretenus ou même par ces formations géologiques préservées et documentées. Le Canada, tel qu’on le connaît actuellement, est considéré comme un jeune pays. Pourtant cette terre a été façonnée il y a des milliers d’années et habitée par différents peuples, à travers les âges. C’est ce que j’ai découvert après ces 30 000 kilomètres à moto.

Pour ce cinquième volet de la série Histoire et Culture du Canada, on parle tourisme et culture au Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick est géographiquement la première Province des Maritimes et de l’Atlantique, tout juste limitrophe du Québec. Sa capitale est Fredericton mais c’est Moncton qui fait office de « grande ville », elle est le cœur économique, culturel et universitaire de la province. Maintenant, rien de nouveau à l’horizon, mais cela vaut le coup de le préciser encore une fois, le Canada possède deux langues officielles : l’Anglais et le Français. Bien que la plupart des services du gouvernement fédérale soit dans ces deux langues, l’utilisation des deux langues est inégale sur le territoire. En effet, le Québec par exemple est la seule province qui n’a qu’une seule langue officielle, le Français. Et plus on s’éloigne de Montréal, cœur économique et culturel et au bilinguisme clairement affiché, moins on parle Anglais. A l’inverse, le Nouveau-Brunswick est la seule province canadienne officiellement bilingue. Et qui le revendique. Après la promulgation de la loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick en 1969, qui met sur pied d’égalité ces deux langues officielles, une nouvelle loi, en 1980 reconnaît l’égalité des deux communautés linguistiques de la province. Eg-a-li-té !

On l’a vu précédemment, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse formait une région plus large aux 17ème et 18ème siècles, l’Acadie. Qui dit communauté francophone dit maîtrise de la langue française. Mais voilà, comme tout langage évolue sous influences diverses, le Nouveau-Brunswick n’en a pas été exempt. En plus du français acadien, dérivé du Français, on retrouve le chiac, le long de la côte est : un dialecte qui mélange des mots français et anglais, sans être considéré comme du « franglais ».

Mais puisqu’on parle linguistique, vous me direz, Brunswick, ça ne sonne pas vraiment Anglais ni Français, non ? Dans le mile ! Comme me l’indiquait Jorg, originaire de Hambourg et habitant le Manitoba depuis de nombreuses années, le nom de la Province est un hommage à George III, roi de Grande-Bretagne de 1760 à 1820 et duc de Brunswick, situé dans l’actuelle Basse-Saxe, en Allemagne.

Fun fact: Puisque Netflix a remis à son catalogue la saga Hunger Games, saviez-vous que Donald Sutherland, qui incarne le grand méchant, est originaire de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick ? Allez, c’est pour briller au repas de Noël.

Tourisme et histoire francophone du Nouveau-Brunswick

Pour visiter la province, rien de tel qu’un peu d’histoire. Oui, encore. Mais ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’aller voir les autres communautés francophones, si ?

Nouveau rappel, au cas où : Avant l’arrivée des colons, les peuples autochtones peuplaient l’Amérique du nord. Au Nouveau-Brunswick, comme en Nouvelle-Écosse, en Gaspésie et sur l’Île-du-Prince-Édouard, ce sont les Micmacs qui étaient installés. Deux autres communautés, plus petites, les côtoyaient. Au nord, dans la vallée du fleuve Saint-Jean se trouvaient les Malécites, tandis qu’à l’Est, à la frontière avec le Maine actuel, se trouvaient les Passamaquoddys. Laissez-moi un peu plus de temps pour vous proposer quelque chose de plus fouillé sur les populations autochtones et revenons à nos moutons.

Comme vous l’avez lu, je l’espère, dans l’article sur la Nouvelle-Ecosse, l’Acadie a été tantôt sous influence anglaise ou française ; tantôt indépendante ; avec des alliances avec les peuples autochtones comme les Micmacs. Son héritage culturel est riche et il est difficile de passer au travers, lors de votre visite au Nouveau-Brunswick. Si vous en avez l’occasion, filez au Village historique acadien, à proximité de Caraquet, au nord de la province. Au sein d’un parcours de 2 kilomètres, on vous transporte dans un voyage dans le temps, de 1770 à 1949. Les interprètes nous font découvrir la vie acadienne au fil des ans, entre agriculture et industrie de la pêche, éducation et religion, sans oublier, les évolutions du commerce de proximité : caisse populaire, magasin général, station essence ou encore imprimerie ! Le Village est accessible de juin à mi-septembre et offre même la possibilité de passer une nuit sur place.

Si vous êtes plutôt dans la région sud, vous pouvez visiter Kings Landing (aucun rapport avec Game of Thrones, je vous vois venir d’ici). Le village fêtera même ses 50 ans en 2024, l’occasion est unique pour célébrer la culture acadienne !

Sur la route du littoral

Si vous êtes plutôt en mode roadtrip avec emploi du temps serré, la route du littoral acadien saura vous ravir. Plongée dans l’histoire doublée d’un parcours pour en prendre plein les mirettes, on en redemande presque ! Difficile de ne pas s’arrêter dans chaque communauté mais si je devais faire un choix, voici mon top 5, du sud au nord : Cap pelé – Shediac ; Bouctouche ; Miramichi, Île Miscou et Caraquet-Pokeshaw. Si vous aimez les produits de la mer, vous serez servi.es ! Si vous aimez les activités nautiques ou flâner en bord de mer, même topo. Et si vous souhaitez ajouter, enfin, un peu d’histoire micmac au menu, direction le parc historique de Metepenagiag et l’île Beaubears, à côté de Miramichi. Vous pouvez même prendre une nuit (ou plus) sur place !

Puisqu’il y a toujours le plus grand trucmachinchose dans une province canadienne, c’est à Shediac que se trouve le plus grand homard du monde. 11 mètres de longueur et 5 mètres de hauteur, c’est sûr que la sculpture en imposte ! Mais si l’attraction touristique est photographiée par des milliers de touristes, elle souligne aussi le caractère important, primordiale même en 20ème siècle, de l’industrie de la pêche au homard à Shediac.

Vue depuis le phare de Micsou

A l’extrémité nord-est, vous tomberez sur Miscou et son phare, construit en 1856 et devenu lieu historique national. Il est situé à la pointe du Birsh et est l’un des plus vieux de la région. En repartant, le petit coin où se restaurer ou se désaltérer, c’est la Terrasse à Steve. On passe d’abord devant le bar sans y prêter attention, ne remarquant que l’énorme siège sculpté et épousant la forme d’un homard. Mais c’est à l’intérieur que tout se joue – et je ne parle pas de la carte de bières artisanales ou des repas. Je parle des murs et des tables : Ici, il est de coutume que chaque personne de passage laisse une dédicace, à condition de trouver un bout de place !

Le Nouveau-Brunswick est véritablement un lieu où s’arrêter. Si vous avez aimé la Baie de Fundy côté Nouvelle-Ecosse, vous aimerez ce côté nord de la baie, ici, au Nouveau-Brunswick. Si vous avez aimé la culture acadienne en Nouvelle-Ecosse, vous aimerez découvrir les parallèles et différences avec cette culture au Nouveau-Brunswick. Et si vous avez pratiqué le kite-surf sur l’Atlantique en Nouvelle-Ecosse, les spots du littoral acadien, sur le Golfe du Saint-Laurent, vous attendent de pied ferme ! Ou voile, ferme ?

Comment se rendre en Nouveau-Brunswick ?

Par voie terrestre : Le Nouveau-Brunswick partage ses frontières avec le Québec et la Nouvelle-Écosse, au nord et avec l’état du Maine, à l’est. Fredericton, capitale du Nouveau-Brunswick et située à l’est de la province, est à 4h30 de Rimouski, 6 heures de route de la ville de Québec et 8 heures de Montréal ou Gaspé, via la transcanadienne. Depuis Fredericton, vous êtes à moins de 5 heures de Portland, plus grande ville de l’état du Maine. En un peu plus de 4 heures, vous rejoindrez Halifax, en Nouvelle-Écosse, et en 3h30 seulement, Charlottetown, capitale de l’Île-du-Prince-Édouard.
Par voie aérienne : Au Nouveau-Brunswick, on trouve trois aéroports internationaux, à Fredericton, Moncton et Saint-John, et plusieurs aéroports régionaux, à Saint-Leonard, Bathurst et Charlo.
Par voie ferrée : Avec Via Rail, vous pouvez rejoindre les grandes villes du Quebec ou de la Nouvelle-Ecosse tout au long de l’année. Les arrêts à Moncton, Amherst, Miramichi et Bathurst, vous permettent d’explorer la côte acadienne en toute liberté.
Par voie maritime : Depuis Saint John, vous rejoindrez la Nouvelle-Ecosse (Digby) en 2h30.

Comment se déplacer ? Voiture, moto, vélo, il est facile de se déplacer dans la province pour admirer les différents paysages et découvrir ce territoire empreint d’histoire. Pour traverser certaines rivières, vous pourrez même emprunter le service de traversiers du gouvernement, il est gratuit. Pour accéder aux îles Grand Manan, île White Head et île Deer, il vous faudra réserver ou vérifier les horaires sur le site de la compagnie Coastal Transport. Seule la traversée pour l’île de Grand Manan est payante.

Pour en savoir plus sur le tourisme du Nouveau-Brunswick, rendez-vous sur la page officielle de l’office du tourisme.

Pour l’article en anglais, c’est ici.

Une réponse à « Histoire et culture du Canada, épisode 5 : Le Nouveau-Brunswick »

  1. […] To find out more about tourism in New Brunswick, visit the official New Brunswick Tourism page.For the article in French, click here. […]

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