Histoire et culture du Canada, épisode 4 : l’île du Prince Edouard

Partir en roadtrip, c’est aussi l’occasion de découvrir une culture, une histoire. On la découvre, racontée par celles et ceux qui vivent sur place, ou par ces monuments encore debout et entretenus ou même par ces formations géologiques préservées et documentées. Le Canada, tel qu’on le connaît actuellement, est considéré comme un jeune pays. Pourtant cette terre a été façonnée il y a des milliers d’années et habitée par différents peuples, à travers les âges. C’est ce que j’ai découvert après ces 30 000 kilomètres à moto.

Pour ce quatrième volet de la série Histoire et Culture du Canada, partons à la découverte de l’Île-du-Prince-Edouard.

L’Île-du-Prince-Édouard ou î.P-I pour les connaisseurs, est la plus petite Province des Maritimes. Et on pourrait même ajouter, plus petite des Provinces de l’Atlantique, avec, au dernier recensement, près de 175 000 habitant.es. Pour rappel, les Provinces de l’Atlantique comprennent les trois des Maritimes (Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Nouvelle-Écosse) et Terre-neuve-et-Labrador. Mais la population de l’île ne cesse d’augmenter, avec une migration principalement en provenance de l’étranger, pour une résidence permanente ou temporaire. L’île attire aussi des Canadien.nes d’autres provinces comme sa voisine Nouvelle-Écosse mais aussi de l’Ontario ou de l’Alberta. L’île a donc la cote, et pas que pour les touristes ! Et ce qui est bien pour la communauté francophone, c’est qu’elle grandit aussi. L’île compte désormais plus de 5500 francophones, en incluant les Acadien.nes. Comme expliqué dans mon précédent article sur la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard faisait partie d’une région bien plus vaste au 17ème et 18ème siècle : l’Acadie. Jusqu’en 1799, l’île est appelée Île Saint-Jean (Island of Saint John) par les Français. Elle change de nom en l’honneur du fils du roi George III. L’île était en effet passée sous contrôle britannique après le traité d’Utrecht en 1713. Et c’est en 1873 que l’Île-du-Prince-Édouard rejoint le Canada. Ainsi, en cette année 2023, le 1er juillet, les insulaires ont célébré les 150 ans de leur appartenance au Canada ! Mais moi, j’étais à Halifax – raté pour les célébrations.

L’île « patate » ?

Les Belges n’ont qu’à bien se tenir, ici pas concurrence sur la bière mais sur la production de pommes de terre ! Qui l’eut cru pour cette petite province ? En 2022, l’île pointe même à la deuxième place du pays, derrière l’Alberta et juste devant le Manitoba. La réputation des « patates » de l’Île-du-Prince-Édouard n’est plus à faire et l’association PEI potato est tellement investie que vous pouvez retrouver sur son site, news, recettes, et histoire de la production sur l’île !

L’économie de l’île repose donc en grande partie sur cette industrie. En novembre 2021 c’est presque un drame provincial lorsque les Etats-Unis, grand importateur de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard, stop net tout commerce avec ses fournisseurs de l’île. La gale verruqueuse, une maladie connue mais sans danger est observée sur quelques parcelles. L’arrêt total provoque un manque à gagner de plus de 50 millions de dollars. Heureusement pour les insulaires, les exportations ont pu reprendre en avril 2022 Et comme la pêche est la seconde industrie majeure de la province, je ne peux que vous conseiller de vous arrêter déguster un plat de fruits de mer avec… des patates, pardi !

Encore un « plus grand » du monde : le pont de la Confédération

Si vous cherchez sur google plus grand trucmachinchose du monde, il est probable que vous tombiez sur un lieu situé au Canada. Je parlerai des plus grands « trombone, orignal, hache, etc » dans de prochains articles. Dans la Province, c’est le pont qui fait office d’attraction. On l’appelle Pont de la Confédération et c’est le plus long pont construit au-dessus d’une étendue d’eau prise par les glaces (l’hiver). Il mesure 12,9 kilomètres de long et enjambe le détroit de Northumberland sur 11 kilomètres, pour relier l’Île-du-Prince-Édouard au reste du continent, via le Nouveau-Brunswick. Il est inauguré en mai 1997 après 4 ans de travaux et est encore loué aujourd’hui pour sa méthode de construction. Si vous êtes un peu nerd sur les bords, VINCI Construction Projets, à qui a été attribué le projet, détaille la technique utilisée avec une précision d’orfèvre, sans jeu de mots. L’île devient une péninsule et les habitant.es peuvent enfin rejoindre le continent sans dépendre du traversier, entre l’île et la Nouvelle-Écosse, qui n’effectuait pas toujours de liaisons en plein hiver.

Entre plages et circuits côtiers, vous allez a-do-rer

Si vous hésitez à vous rendre sur l’île, jetez un œil à votre compte Netflix (ou celui de votre tante ou de votre meilleur ami) et regardez un épisode de la série Anne with an E, adaptée du roman de Lucy Maud Montgomery, Anne… la maison aux pignons verts.

Entre d’immenses plages de sable et de multiples sentiers de randonnées, l’île est un paradis pour les activités de plein air. Il y a huit parcs provinciaux et tous offrent des expériences différentes. Mention spéciale à la central coastal drive, qui réunit la côte des pignons verts et à la côte de sable rouge. La première, au nord de l’île, vous emmène de Dalvay-by-the-sea à la plage de Cavendish. Le parcours, en vélo ou motorisé, vous en met plein les yeux. Difficile de quitter le rivage du regard pour se concentrer sur la route. La plage de Stanhope invite à la détente et on peut y passer des heures, entre une marche de 5 kilomètres, une baignade ou… une session de kite surf. Les phares de la côte est du Canada étant plébiscités par les touristes, difficile de résister à l’envie d’aller photographier le phare de Covehead Harbour au soleil couchant !

La côte de sable rouge se situe de l’autre côté, au centre-sud de l’île. De Canoe Cove à North Carlton, vous aurez une vue exceptionnelle sur le détroit de Northumberland et le pont de la Confédération, sans oublier les falaises rouges et plages de sable tout aussi colorées.

Toujours pas convaincu.es d’aller dans cette petite île et province du Canada ? Peut-être que le guide de la central coastal drive vous y convaincra. A moins que ce ne soit l’abondance de pommes de terre, poissons et fruits de mer. Je vous laisse choisir !

Pour le guide du tourisme, c’est ici.

Pour l’article en anglais, c’est ici aussi.

Une réponse à « Histoire et culture du Canada, épisode 4 : l’île du Prince Edouard »

  1. […] Still not convinced to go to this small Canadian island and province? Perhaps the central coastal drive guide will convince you. Or maybe it’s the abundance of potatoes, fish and seafood. I’ll let you choose!For the tourist guide, click here.For the article in French, it’s here too. […]

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