Depuis le début de cette traversée du Canada, j’en ai vu des motocyclistes qui possédaient des animaux : chiens, chats, chevaux, canards etc. Mais des motocyclistes qui voyagent avec, et en Ural avec side-car, il n’y en a qu’une seule : Lyna. En Avril 2022, elle a pris un congé sabbatique d’un an pour traverser le Canada avec Monster Yogi Bear, un Shar Pei qu’elle avait adopté deux ans plus tôt. Un Shar Pei maltraité et sous-alimenté qui, aujourd’hui, se précipite dans son side-car à la simple mention d’une balade en moto.



Lyna est opératrice au sein de la centrale nucléaire Bruce Power, située au bord du lac Huron, en Ontario. Toujours en quête d’une aventure pour explorer le monde qui l’entoure, elle avait l’habitude de voyager, avec son mari, seule ou avec des ami.es. Ce tour du Canada, avec son compagnon à quatre pattes, apparaissait alors comme une évidence. « Je voulais partir dès le printemps et revenir en octobre, avant les premiers flocons », précise-t-elle. Nul besoin de s’appesantir sur la météo au Canada, la fenêtre de tir pour voyager en toute sécurité sur les routes (ou sans geler sur place) est généralement de six mois, guère plus.
Calendrier respecté. Lyna et Monster Yogi Bear partent le 21 avril 2022 pour un voyage de 156 jours. Elle se dirige d’abord vers les provinces de l’est avant d’effectuer la boucle par Terre-neuve et Labrador et filer vers l’ouest, avec un passage par les Territoires du nord. Le duo parcourt 34 061 kilomètres, traverse l’ensemble des provinces et territoires excepté le Nunavut, et se baigne dans les trois océans qui entourent le pays : Atlantique, Arctique et Pacifique. Et sans combinaison de 5/7mm !
Avec une moyenne de 80km/h, plusieurs pauses pour promener Yogi Bear et arpenter de nombreux lieux, Lyna et Yogi roulent rarement plus de 200 kilomètres au quotidien : « Je voulais prendre mon temps pour ce voyage avec Yogi Bear. Rien ne pressait et je souhaitais toujours m’arrêter avant la tombée du jour pour planter ma tente ». Ils découvrent ainsi des lieux uniques, se réveillant dans le brouillard du matin en Ontario ou admirant le coucher de soleil depuis l’île de Vancouver.

Les péripéties ? Quelle question, évidemment ! Lyna et Yogi ont eu leur lot de pannes, comme ce double pneu crevé dans le nord de l’Ontario : « Lors de la deuxième crevaison, j’ai enfin compris ce qui n’allait pas. Heureusement, cette fois-ci, il ne pleuvait pas des trombes d’eau, contrairement à une autre fois où je me suis retrouvée à effectuer des réparations, allongée sous la moto, trempée et recouverte de graisse ». Ou encore ce moment où, arrivée à Tuktuyaktuk, bagages défaits, elle se rend compte qu’elle n’a plus son smartphone : « Il n’y avait qu’une seule route, alors j’espérais le retrouver au retour. Finalement, en le faisant sonner, je me suis rendue compte qu’il était coincé entre la paroi du side-car et mon jerrycan. Couvert de boue, il était fonctionnait pourtant toujours ! ».
Mais surtout, Lyna a aussi constaté la solidarité et l’entraide motocycliste, quels que soient les arrêts sur le bas-côté de la route, les réparations d’urgence, les commandes de pièces et l’hébergement. Une solidarité qui marche dans les deux sens. A son tour, elle offre gîte, couvert, balades, conseils et aide en tout genre aux aventurier.es à moto qui passent à proximité de Port Elgin. Plus tard, je vous raconterai son tuto rockstrap d’une moto pour une traversée en ferry – un très bon tuto, mais une très mauvaise élève.
Désormais, Lyna pense son prochain grand voyage avec Yogi Bear. L’Europe peut-être ? Mais en attendant, elle profite de ses jours de congés pour retaper deux Yamaha de 1983 et 1982, voyager en Ontario avec Yogi Bear pour qui elle a tout juste confectionné un nouveau pare-soleil, ou s’évader dans les alentours au guidon de sa troisième moto, un cruiser cette fois, une Yamaha VStar Deluxe 2017.

Pour suivre leurs aventures : Monster Yogi Bear


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