Partir en roadtrip, c’est aussi l’occasion de découvrir une culture, une histoire. On la découvre, racontée par celles et ceux qui vivent sur place ; par ces monuments encore debout ou même par ces formations géologiques préservées et documentées. Le Canada, tel qu’on le connaît actuellement, est considéré comme un jeune pays. Pourtant cette terre a été façonnée il y a des milliers d’années et habitée par différents peuples, à travers les âges. C’est ce que j’ai découvert après ces 30 000 kilomètres à moto. Pour ce second volet de la série Histoire et Culture du Canada, voici plusieurs lieux où vous rendre, pour découvrir le Québec autrement.
Le Québec est la plus grande province du Canada et la deuxième au niveau démographique, derrière l’Ontario, avec plus de 8,6 millions d’habitant.es. C’est l’une des plus ancienne colonies européennes en Amérique du nord et sa capitale, la ville de Québec (et pas « Québec city ») a été fondée le 3 juillet 1608 par le navigateur français Samuel de Champlain.
Fun fact : Ne cherchez pas des panneaux de signalisation en anglais, il n’y en a pas. Bien que le Canada soit un pays bilingue, Anglais et Français, le Québec est la seule province qui a pour langue officielle le Français. Et les anecdotes d’anglophones ne manquent pas en matière de demande d’information ou de directions… trop souvent inexistantes ! Navrée mais pour parfaire votre maîtrise de la langue de Shakespeare, oubliez cette province !
Manic 5, station Uapshika, et le mur de Fermont : une route 389 pleine de surprises
Sur la côte nord du Québec, à plus de 2h30 de Baie-Comeau, depuis les hauteurs de la route 389, on aperçoit la centrale hydro-électrique Manic-5 et le barrage Daniel Johnson. Véritable chef d’œuvre et fierté québécoise dont la construction s’est étalée de 1962 à 1968, c’est le plus grand barrage à contreforts et à voûtes multiples du monde. Quand on le regarde d’en bas, on en ressent presque un certain vertige. « La statue de la liberté pourrait y rentrer » m’a-t-on dit. Alors, mythe ou légende ?! Je vous laisse vérifier.
La centrale Manic 5 est l’une des plus puissantes de la province, et même du pays. Hydro-Québec, qui exploite le site, propose des visites gratuites entre la mi-mai et la fin du mois d’août. Elles durent deux heures. Vous entrerez dans les entrailles des lieux et pourrez ensuite découvrir le barrage vu d’en haut. Pensez à réserver.



120 kilomètres plus loin, dont 100 kilomètres sur gravel poussiéreux par temps sec, vous pourrez vous arrêter à la station Uapshika. L’endroit est atypique. Au bord du lac Manicouagan, au milieu des Monts Groulx, il fait penser à la fois à un immense gîte, sur deux étages, et à un centre de colonie de vacances pour adultes. La moitié du personnel est innue et les touristes de passage se mélangent aux scientifiques qui y vivent à l’année. En effet, la station, cogérée par le Conseil des Innus de Pessamit et la Réserve Mondiale de la biosphère de Manicouagan-Uapshika, sert de camp de base pour celles et ceux venus étudier ce territoire classé au patrimoine de l’UNESCO. La station Uapshika est multiculturelle, avec des infrastructures à la pointe, et met l’accent sur l’éco-tourisme. Accessible été comme hiver, elle promet une expérience inédite au cœur des Monts Groulx. Et si vous êtes fin gourmet, vous apprécierez les plats préparés par le Chef !
Une fois arrivé.es au bout de la route 389, au nord du 53ème parallèle et à la frontière avec Terre-Neuve-et-Labrador, vous découvrirez la ville de Fermont. Un peu de linguistique ? La ville tire son nom du minéreai de fer, présent et extrait au mont Wright, à environ 25 km plus à l’ouest. Fermont a été construit dans les années 1970 pour héberger les travailleurs et travailleuses venus exploiter la mine pour le compte de Québec Cartier, devenue ArcelorMittal Mines Canada en 2008. La plupart des logements appartient à l’entreprise et sont loués aux salariés le temps de leur contrat, qui peut s’étaler de plusieurs mois à plusieurs années. Un « Mur écran » est construit afin de préserver la population des températures glaciales et des vents qui frappent la ville, une fois l’hiver venu. Il fait 1,3 kilomètres de long, prend la forme d’une pointe de flèche et mesure 20 mètres de haut. L’édifice abrite tous les services essentiels : plus de 350 logements, une piscine, une mairie, un supermarché, plusieurs restaurants et boutiques, un bureau de poste et même une école.
Malgré son climat subarctique, Fermont offre des paysages à couper le souffle, entourée des Monts Daviault et Severson, où les aurores boréales ne sont pas rares et les activités de pleine nature, une richesse quotidienne. Depuis la ville, vous pourrez accéder facilement à Labrador city, capitale du Labrador. C’est la porte d’entrée vers la province de Terre-Neuve-et-Labrador et la suite de la fameuse « Expédition 51 ».
Le Fjord du Saguenay, une formation géologique à ne pas louper
Quand on évoque le mot fjord, on pense immédiatement à la Norvège ou à l’Islande, rarement au Canada. Ou au Québec. Car c’est précisément ici que j’ai observé un fjord pour la première fois, et pas des moindres ! 100 kilomètres de long, deux kilomètres de large et des falaises hautes de 400 mètres : on en prend plein les yeux, qu’il neige, qu’il vente ou que la clémence estivale pointe le bout de son nez. Le fjord est si profond qu’il attire même les baleines à son embouchure. Avec un peu de chance, vous pouvez les y observer depuis la rive, ou bien depuis le bateau ou zodiac, en optant pour une excursion. Les croisières font partie de l’offre touristique de la région de mai à octobre. En plus, c’est l’occasion de s’arrêter et visiter Tadoussac. Mon conseil : ne vous arrêtez pas à la ville mais allez découvrir les Dunes !
Vous pouvez visiter le fjord du Saguenay depuis les hauteurs, en hydravion. Une solution qui vous en donnera une autre perspective mais pas accessible à toutes les bourses. Voiture, moto, vélo : la boucle de 300 kilomètres depuis Saguenay et qui emprunte les routes 170 et 172, est de toute beauté. N’hésitez pas à sortir de ces deux axes pour admirer le fjord depuis divers points de vue. Sur la rive sud, vous pouvez randonner à proximité de la Montagne Blanche ou observer la Chute à Vidas. Côté rive nord, ne manquez pas la Pourvoirie du Cap au Lesle qui vous donnera peut-être envie de prolonger votre pause pour y passer la nuit. La vue sur la rivière Saguenay et le fjord en vaut largement le coup ! Sans oublier la qualité des plats proposés.
Sainte-Rose-du-nord est aussi un village incontournable, considéré comme l’un des plus beaux du Québec. Et si vous souhaitez explorer à pieds et pour moins de trois heures, empruntez le sentier Le Fjord, dans le secteur Baie Sainte-Marguerite. Une randonnée facile et instructive, doublée de superbes points de vue sur le fjord.
Incontournable Gaspésie, mais pas que pour le rocher Percé
Quand on est en France et qu’on parle de séjour, vacances, immigration au Québec, on pense d’abord à Montréal. Puis à la ville de Québec. Enfin à la Gaspésie. Voilà pour le top 3. Alors, si les deux précédents paragraphes vous ont brossé un portrait de coins bien moins connus mais qui valent le détour, place désormais à la Gaspésie. La région est touristique, et pas uniquement pour son rocher Percé ; même si de trop nombreux touristes sont capables de faire le pied de grue, parfois des jours durant, pour prendre THE photo dudit rocher, illuminé par le soleil levant. Quand on vient en Gaspésie, on aspire à une chose : le grand air et la diversité d’activités en extérieur. On dira outdoor parce que franglais oblige. Ici, on peut randonner à souhait. Parc national Jacques Cartier, Parc national de Forillon, Parc régional du Mont Saint-Joseph, je pourrais continuer à les énumérer un par un mais cela risque de ne pas vous captiver.
L’ensemble du territoire est à découvrir hors des sentiers battus, ou pavés. Certes, le tour complet de la Gaspésie, par les routes 132 et 138 et en coupant même par la 198 ou 299 est à faire pour les amoureux et amoureuses du roadtrip. Toutefois, avec un réseau de sentiers pédestres de plusieurs centaines de kilomètres, entre mer, montagne et rivières, où chaque mont vous donnera envie de planter votre tente pour le reste de l’année ; la Gaspésie est un paradis. Et c’est même ici, en Gaspésie, qu’a été inaugurée le premier GR (GR1 donc) d’Amérique du Nord. C’était en 2015. Il s’agit du SIA, le Sentier International des Appalaches, long de 650 kilomètres. Si ce GR vous intéresse ou si vous souhaitez obtenir plus de renseignements, soyez certain.e.s que le site Tourisme Gaspésie possède toutes les ressources nécessaires. Mais levez les yeux de vos chaussures car c’est ici même que l’on trouve la plus grande colonie de fous de Bassant au monde. Si vous aussi vous avez déjà eu l’opportunité de vous rendre à Perros-Guirec et de profiter de la découverte des 7 îles, alors vous avez probablement déjà vu la seule colonie présente en France. Bravo ! Outre l’observation d’oiseaux, vous aurez sans doute la chance de voir un orignal, animal pourtant craint de tout automobiliste mais dont la viande est très prisée et la chasse, presque un sport national. Et c’est sans oublier les baleines, que l’on ne peut pas se lasser d’observer, partout et à tout moment.
Mais ce qui fait aussi le sel de la Gaspésie, c’est la pression. Oui, je parle bien de bière. Le Québec a acquis une surprenante renommée qui tient au nombre incalculable de micro-brasseries présentes sur le territoire. La Gaspésie n’y coupe pas. Impossible de manquer les bières artisanales de Pit Caribou, dans leur pub-restaurant de Percé, ou à la micro-distillerie de L’Anse-à-Beaufils. On m’a même dit qu’on pouvait ramener de quoi faire une grillade ou un pique-nique, à condition de consommer sur place bien sûr. Mais si vous aimez la rareté, mon conseil est le suivant : filez à la brasserie Auval ! La production est limitée et les locaux comme les touristes s’arrachent chaque bouteille. A Carleton-sur-Mer, j’ai aussi découvert la microbrasserie Le Naufrageur. Les fondateurs ont fait le choix de la diversification en proposant une expérience locale pour nos palais : après le restaurant et la microbrasserie, ils ont racheté une boulangerie et une cantine. Produits frais, de saison, et parfois bios, on découvre le Québec autrement. Vous pensiez vraiment qu’on ne mangeait que des poutines par ici ? Pardon, par icitte*.
| Comment se rendre au Québec ? Par voie terrestre : Que vous empruntiez la Trans-canada ou les routes secondaires, le réseau routier au Québec est très développé et l’ensemble des routes sont pavées. Toutefois, si vous souhaitez vous rendre au-delà du réservoir Manic 5 sur la route 389, il reste 150 kilomètres de route en gravel (mélange de cailloux et sable) avant d’atteindre Fermont. L’autre axe plébiscité est la route 138, le long de la rive nord du Saint-Laurent. Si l’envie vous prend d’aller au bout pour visiter Kegaska, 40 kilomètres de route non pavée vous attendent également. Mais de tous les avis reçus, c’est l’un des plus beaux roadtrips à effectuer. Par voie aérienne : Montréal et la ville de Québec possèdent chacune leur aéroport d’où transitent des milliers de personnes, touristes ou travailleurs, et desservent de nombreuses villes partout dans le monde. Par voie ferrée : La compagnie Via rail propose toujours un exceptionnel trajet Toronto (Ontario) -Vancouver (Colombie-Britannique) et Montréal-Halifax (Nouvelle-Écosse). Un covoiturage ou train peut vous permettre de rejoindre Toronto en quelques heures depuis Montréal ou la ville de Québec. Comment se déplacer ? A pieds, en vélo, en moto, en voiture. Au Québec, le réseau de pistes cyclables se développe à grande vitesse. A l’approche de l’été, ou au printemps pour les plus audacieuses et audacieux, vous pouvez facilement profiter des diverses régions de la provinces. Si vous préférez les deux ou quatre-roues motorisés, pensez à réserver en avance pour la haute saison. Votre permis de conduire français suffira pour la plupart des services de location. Et n’oubliez pas, sur l’autoroute, la vitesse est limitée à 110 km/h et sur route secondaire, à 90 km/h. Pour ne rien rater et préparer votre visite, le site Bonjour Québec regorge de conseils. Vous pouvez aussi commander en amont plusieurs guides version papier. |




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