Les coulisses d’un reportage moto ou comment j’ai roulé avec Ben Milot

Trois verres d’eau posés sur la table de la terrasse de la micro-brasserie Saint-Pancrace à Baie-Comeau. Un casque de moto posé sur la table, le mien. La Suzuki garée sur le trottoir, le regard pointant vers l’avant, comme le mien. Soudain, deux motards qui arrivent dans ma direction, à faible vitesse, l’un à côté de l’autre. Ils s’arrêtent, coupent le moteur, soulèvent leurs casques, sourire aux lèvres, et viennent me saluer. Stop, coupez !

C’est la première scène du tournage auquel je participe. Je suis aussi curieuse de l’origine de ce reportage que de son déroulé, sa logistique et sa technique. Quatre personnes seulement pour parcourir l’Expédition 51 et tenter de retranscrire l’immensité du territoire parcouru ? C’est la méthode de David, le producteur et fondateur de Dizifilms et Motosports TV. Une équipe réduite, une mécanique bien huilée et assez de souplesse pour répondre à un emploi du temps sujet à de nombreux changements, la méthode fonctionne si bien. Il est accompagné de son fils cadet, Alexi, 21 ans, avec lequel il partage cette passion de la prise d’image. Pour compléter ce trio côté artistique et technique, il peut compter sur Marc Warden, lui qui a participé à des productions aussi diverses que variées, comme ses années pour une émission sur le paranormal ou des tournées nationales avec des groupes de rock. Et c’est sans oublier Ben Milot, avec qui j’étais impatiente de prendre la route. Ben Milot, ancien champion du Québec de moto freestyle, fondateur de l’Académie Milot où les enfants peuvent découvrir la motocross entourés des meilleurs professeurs et s’initier à la pratique d’une discipline exigeante. Ben Milot, reconverti en animateur moto afin de faire découvrir les plus beaux lieux et donner envie de s’y rendre, à deux-roues ou quatre, ou même à pieds !

Pour la séquence à Baie-Comeau, Ben Milot est accompagné de Pierre-Luc Cyr, pompier de ville et spécialiste des aventures en côte nord, son coin, en motocross et en moto aventure. Il a rejoint l’équipe pour deux jours au cours desquels il fera découvrir la ville et ses environs avant de les emmener avec un peu plus au nord de la province.

Après l’entrevue, direction les hauteurs de la ville. Le soleil est éclatant, la lumière parfaite. J’imagine déjà le rendu avec les images prises par le drone. Trois passages dans la rue principale, un aller-retour au plus au point d’observation, et c’est déjà le moment de filer vers la prochaine étape. Manic 5. Un immense barrage hydro-électrique où la statue de la Liberté peut tenir dans sa hauteur. Un fleuron de l’industrie québécoise. Mais surtout, le début de la route 389. Le début de l’épopée Translabradorienne.

On se suit. Stop, Manic 2, le barrage Jean Lesage est en vue. Nos trois motos et le pick-up de l’équipe de tournage s’arrêtent sur l’aire prévue à cet effet, en bas de la sinueuse descente que l’on vient d’effectuer. Caméras en position, drone dans les airs, les motocyclistes remontent en selle, et rebroussent chemin. Quatre passages en formation rapprochée et cut. Nul besoin de simuler notre surprise en arrivant en vue du barrage. La construction au milieu de ces conifères et ce paysage de forêts immenses, impressionne.

Nous arrivons bientôt à proximité des feux qui ont ravagé les forêts il y a peu. Le casque à peine soulevé, l’odeur acre envahit nos narines, comme si le bois venait tout juste de se consumer. La séquence vaut la peine d’être filmée. Demi-tour toute. On ajoute les caméras Go Pro, histoire de varier les prises de vue. On filme nos réactions. Là encore, pas besoin de surjouer, l’émotion est là, face à de ces milliers arbres calcinés. L’émotion est certainement plus importante pour Pierre-Luc, qui nous rappelle le nombre d’habitations parties en fumée et le nombre de pompiers mobilisés.

10 minutes de pause, pas plus. Il est temps de repartir pour arriver avant le début de la nuit à l’hôtel, à Manic 5. Les 100 prochains kilomètres sont en gravelle, ça va être le moment de vérité. Ca aurait dû. Voyant orange allumé, avarie moteur ?! La sécurité nous dicte un nouvel arrêt pour embarquer Indiana dans le trailer. Pas de baptême de gravelle longue-distance. Ca sera pour une prochaine fois. Frustration et soulagement se mêlent. Mais la première l’emporte : la lumière de fin de journée et le coucher de soleil donnent aux routes une saveur bien particulière. Quelle déception de manquer de telles sensations !

L’arrivée est plus tardive que prévu, conséquence fâcheuse mais prévisible, le restaurant est fermé. Est-ce que l’équipe ne s’improviserait pas « cuistot » d’un soir ? Achats au dépanneur de la station, ouverture de la cuisine du relais, et les spaghettis bolognaises préparées par Ben Milot goûtaient comme le plat signature du meilleur restaurant gastronomique de Paris.

Bref, c’était une journée de tournage avec Ben Milot, David Etienne Durivage, Alexi Durivage, Marc Warden et en guests, Pierre-Luc Cyr et Julia Chenu.

Pour suivre Pierre-Luc Cyr et ses aventures : Northern Adventure

Pour plus d’information sur l’Expédition 51 : Tourisme Côte Nord

Laisser un commentaire