Hivernale 2023

Acte 2, scène 3 : l’auberge espagnole

Je l’admets, le jour de presque repos la veille a été bénéfique. Je n’avais encore jamais pris le temps de faire cette descente et toujours privilégié le train. J’en ai profité pour redécouvrir des lieux dans lesquels j’avais l’habitude de me balader avec mon grand-oncle, boire un café, ou encore, poser notre serviette pour un saut dans la Méditerranée. Quelle était agréable cette virée. Étangs de Bages et Peyriac, plage des chalets de Gruissan, village des pêcheurs, salins, spot de Kitesurf de Narbonne-plage. Je terminais cette boucle par Notre-Dame-des-Auzils pour admirer le coucher de soleil depuis le massif de la Clape. Les épingles et les lacets dans cette région sont de véritables aires de jeu pour tous les deux-roues. On éprouve sa mobilité, sa dextérité, sa souplesse ou sa nervosité. Pas besoin de foncer pour admirer cet environnement unique.

Aujourd’hui, j’avais prévu de descendre jusqu’en Espagne, à Cadaquès. Mais une fois n’est pas coutume, entre mes attentes et la réalité se trouve souvent un maître mot : sécurité. J’avais bien nettoyé Red la veille et effectuait, avec mes yeux, toutes les vérifications mais il me semblait nécessaire de faire appel aux professionnel.les pour un contrôle affiné avant d’entamer la traversée des Pyrénées ces trois prochains jours.

Arrivée à 10h, je suis la seule cliente du magasin et suis accueillie avec bonne humeur par le dirigeant, ses mécanos et son fils, lui aussi motard et employé. J’en profite pour discuter du meilleur itinéraire pour rejoindre Pontacq demain et évoquer mon roadtrip. J’éprouve encore une fois la solidarité motarde. Non seulement ma belle se porte bien mais en plus, je repars avec un itinéraire tout tracé, qui me fera éviter les fraîches températures et la chaussée glissante. Un autre bon point pour la sécu. Ragaillardie, je pars en direction de l’Espagne, laisse les nuages à Sigean et attaque la route du littoral par Leucate et son étang, Canet-en-Roussillon et son village de pêcheurs, Collioure et Banyuls-sur-mer pour une chevauchée entre terre et mer. La fameuse côte vermeille. Intervertissez deux lettres et vous trouverez une vérité : merveille. Je me délecte de chaque tournant, chaque point de vue. Un peu trop. Entre les pauses photo et la circulation, j’arrive à la frontière espagnole avec une heure de retard sur le programme. Je dois être de retour à Narbonne d’ici 18h pour une dernière soirée en famille et pas question de la louper. Je décide donc de m’arrêter à Portbou. Qu’importe l’itinéraire écourté, la traversée est faite. Je prends une demi-heure pour me dégourdir les jambes et apprécier le soleil éclatant. Bien plus brillant qu’en France, le constat était sans appel et simple d’explication puisque côté français, la chaîne de montagne fait plus ou moins obstacle à la course du soleil. Je préfère ne pas m’aventurer plus loin et laisse le soin à des experts et expertes de vous apporter plus de détails.

Je me régale autant du trajet retour qu’aller, en attaquant dans les virages. Je les avais déjà passés une fois ce qui me permettait de ressentir moins d’appréhension et me souvenir de ces portions plus ombragées et humides. Dangereuses donc. Une fois passé Sainte-Marie-la-mer, je décide de bifurquer vers l’ouest, direction Rivesaltes, Sales-le-château, Treilles et finir la boucle à travers l’est des Corbières. Un terrain de jeu différent s’ouvrait devant mes roues et me rappelait la traversée du Lot.

Je réalise, de retour à bon port, que j’ai effectué plus de 300 kilomètres, ce qui correspondait à la moyenne de mes étapes. Qui avait prévu de se reposer ? Il est temps de refaire le sac pour un départ à 9h30. Allez, pas de retard cette fois. Une halte à Lourdes s’annonce, avant l’étape de Pontacq, chez Frank et Christine. Avant la tombée de la nuit, de préférence. L’hiver est bien là, le soleil se couche toujours à 17h30, ne l’oublie pas Julia.

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