Acte 2, scène 1 : la ville rose
Cela ne surprendra personne, l’arrêt chez mon amie Céline, ex-colocataire au Canada, s’est prolongé. Je ne la quitterai que demain. J’ai trop vite repris le rythme du sud, celui où l’on prend son temps, où l’on flâne, discute, rit. Et il est même l’heure de partager cette passion deux-roues et passer de la théorie à la pratique. Dès 9h ce samedi, je suis de retour sur ma belle et pars en quête de la concession Yamaha qui, je le découvrais la veille, louait des équipements. Je n’avais besoin que d’un casque puisque j’étais partie avec deux paires de gants. Élémentaire mon cher Watson, j’avais prévu d’enfiler les mi-saison une fois passés les 15 degrés. Sur place, j’en profite pour demander une petite vérification de ma chaîne et un petit coup de compresseur dans ces pneus, presque neufs. Ils approchent de la barre des 1 000 kilomètres après seulement trois journées de roulage. Une première. Constatant que la concession Honda se trouve de l’autre côté de la route, j’ose un trait d’esprit en m’excusant presque de venir chez la concurrence. Un peu d’humour pour dérider les esprits, juste ce qu’il faut pour apprendre que le chef-mécanicien avait travaillé en Normandie. Haute-Normandie (je laisse là le débat Haute versus Basse), mais voyons donc, quelqu’un qui connaît ma région ! Le temps de récupérer le casque puis de s’enquérir du meilleur itinéraire pour ma balade, il me faut déjà repartir. Une fois encore, je suis ébahie de la spontanéité avec laquelle mes interlocuteurs et interlocutrices de la communauté motarde s’ouvrent, s’enquièrent de mon périple et sont prompts à de – très souvent – bons conseils.
Deux balades m’attendaient aujourd’hui. D’abord, je souhaitais emmener Eva sur la route des coteaux. J’avais repéré la Montagne noire, à une heure de Toulouse, qui nous donnerait deux paysages drastiquement différents. Mais la fraîcheur matinale couplée à ma première fois avec une passagère sur la 1100 m’ont dicté un arrêt anticipé dans le village de Revel. Classée « Ville et Métiers d’Art », nous débarquons dans cette petite cité qui a conservé un riche patrimoine architectural. Et, qui, je le découvrais plus tard, pouvait se targuer d’avoir l’un des plus beaux marchés de France. Arrivées un samedi midi, nous avons pu en faire l’expérience.
Je profite de cette pause en terrasse, face à la Halle, pour la sonder. Tout va bien, il semble que je sois meilleure conductrice de deux-roues que de quatre. Il est très vite l’heure de s’en retourner dans la ville rose. Puisque je la sens plus à l’aise et, moi plus en confiance, j’improvise un léger détour vers les hauteurs de Caraman, peu après le village de Saint-Julia. Village que je me note mentalement de traverser le lendemain en me dirigeant vers Narbonne. Je vous l’ai dit non ? Je ne crois pas aux coïncidences. Nous nous balançons au gré des lacets et je crois l’entendre s’exclamer sur la beauté des lieux. Détour validé ?
Je retrouve ensuite Céline pour qui il s’agit d’une véritable première, n’ayant jamais mis les pieds sur une moto. Enfin, cale-pieds. Je décide de nous conduire plus au nord, en direction de la frontière entre la Haute-Garonne et le Tarn. Nous y arriverons presque. Presque. Pressée par le temps puisque la concession Yamaha fermait ses portes à 18h00, j’amorçais le chemin retour. Pas question d’être en retard. J’arrivais pile poil, à en faire pâlir de jalousie un certain magicien. Malgré ses courbatures, Céline semble ravie. Après avoir refait le monde, comme à notre habitude, nous passons une dernière soirée avec la promesse de lui conter la suite de ces aventures motardes en plein hiver. Il est des anecdotes qui ne peuvent être écrites.


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