Hivernale 2023

​La fin du voyage ?

Ce voyage, c’était une première. Première en hiver. Première sur une si longue distance. Première sur une durée si longue. J’ai déjà voyagé, seule ou en groupe plus ou moins grand, 2, 3, 4, jusqu’à 7. J’ai déjà voyagé en voiture, train, bus. Mais jamais je n’avais pris ce temps en moto. Parce qu’il faut penser à l’hébergement, à l’équipement, au chargement, aux activités. S’imaginer rejoindre le lieu d’une rando en moto n’est pas anodin. On ne part pas en short et basket à bord de son deux-roues à moins d’avoir ou bien des envies suicidaires ou bien de s’imaginer posséder des pouvoirs magiques. Voler serait agréable après tout. La faculté de réparer son corps aussi. Et jamais aussi je ne m’étais imposé une telle saisonnalité. Je savais partir dans des conditions difficiles, sur le papier. Le froid, le vent, l’humidité, je souhaitais tester ma capacité à faire face à cela, aussi bien dans mon corps que dans ma conduite. Je sors grandie de ce voyage. Je suis partie 14 jours en ayant l’impression d’en avoir effectué le double. 14 jours, 3200 kilomètres parcourus, 20 départements traversés, voilà un petit prélude à ce qui m’attend au Canada mais je le prends avec une joie immense et une certaine fierté.

« Pourquoi tu fais ça ? » , « Tu pars en hiver, tu n’as pas peur ? » ; « Tu ne pars pas en groupe ? » telles ont été les réactions suscitées. Des réactions négatives. Il y a eu beaucoup de positives également et bien plus. Je remarquais constamment que le premier réflexe de mes interlocuteurs, avant le départ, était de faire preuve de précaution parce que ce qui sort des sentiers battus peut surprendre, interroger et faire peur. Mais passé cette surprise, les sentiments qui surviennent sont la fierté, l’exaltation voire l’envie. L’envie d’imiter. L’envie de lâcher prise à son tour. Et l’envie de vivre. Je ne cesserai jamais de le répéter, qu’importe son âge ou sa situation, rien ne fige personne dans un état, rien n’est immuable et nous sommes capables de prendre des décisions qui bousculent le rationnel et le quotidien. Dans la vie, on a toujours le choix, il suffit de faire le bon, pour soi et sans nuire à autrui. Choisir n’est pas un renoncement c’est un pas vers l’avant, vers un chemin plutôt qu’un autre mais qui nous emmènera au même endroit, celui du contentement, si seulement on prend la peine de le voir.

Ce voyage, j’ai cru ne pas réussir à le réaliser. Je l’avais reporté par deux fois. D’un mois d’abord, puis de 3 jours. Et même de deux heures. Une sage maxime dit que tout vient à point à qui sait attendre. J’aime à croire que c’est et c’était le cas. Après tout, n’en est-il pas de même pour le Canada, où j’ai la possibilité de retourner, 7 ans après l’avoir quitté ?

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