Récit d’une préparation très last-minute
Je me suis décidée, départ lundi 6 février. Cependant, je changerai les pneus deux jours plus tôt. En plein été ou au printemps, j’aurais pris le risque. Ou en tout cas, aurais pensé qu’une panne par 20 degrés pouvait être supportable. À 2 degrés, on réfléchit différemment. N’ayant pas pris la route depuis 6 mois et effectuant ma première hivernale, une fois le doute installé, il ne m’a pas fallu très longtemps pour écouter la voix de la raison. Elle n’est pas toujours mienne – rarement – mais cette fois, de nombreux signes se manifestaient. Des pneus disponibles à la commande, un rendez-vous possible le samedi. On fonce !
Il ne reste que les hébergements à valider et la communauté motarde, sujet d’une étude sur le long terme, s’y prête. Ce sera Marie à proximité de Saumur, puis Armando près de Brive-la-gaillarde. À Toulouse, j’envisage également de faire appel à la communauté. J’ai besoin de rencontres, de témoignages de ces hommes et femmes qui en font partie. J’irai voir Céline ensuite. L’amitié de longue date qui nous lie est importante et il est impensable de ne pas passer du temps ensemble. Ma famille à Narbonne enfin. Mon sac est à moitié fait, entre vêtements, fruits secs, outils électroniques, accessoires de premier secours pour moi comme pour Red. Oui, après avoir vu l’animé Les Monstres des mers, j’ai décidé de la nommer ainsi. Deux ans bientôt que l’on partage un quotidien, une passion, des événements. Elle ne peut pas rester indéfiniment « la moto » ou« la CB ».
L’itinéraire est prêt à l’emploi, il sera scotché sur mon réservoir, à l’ancienne. Je tente d’utiliser le GPS le moins possible, par soucis d’économie d’énergie, thème fort à propos en ce moment, mais aussi pour conserver cette faculté à me repérer. Est-il nécessaire de préciser que l’observation d’une carte en amont est indispensable ?
Encore quatre jours de préparatifs, je m’attaque aux réseaux sociaux puisque je pense déjà à l’après, au Canada, qui sera le fruit, je l’espère, d’un long périple que je souhaite documenter par des articles, photos et vidéos. La trentaine se fait sentir autant que la paresse de n’avoir pas étudié, en parallèle de mon activité professionnelle, leur utilisation. Leur bonne utilisation ajoutons même.
À deux jours du départ, voici le changement de pneus fait, l’itinéraire terminé et les hébergements trouvés. Entre stress et excitation du voyage, je ne sais pas quel sentiment domine. L’avoir repoussé m’a permis de bien en comprendre l’importance et la nécessaire préparation. J’ai tergiversé et longuement hésité sur la date de changement des pneus mais l’effectuer avant le départ semblait plus sage et sécuritaire. Tant pis pour le temps de rodage. Tant pis pour les possibilités de crevaison et l’éventualité de payer un nouveau jeu peu de temps après. Et la rapidité avec laquelle Patrice, ami et responsable qualité au sein de la concession Honda d’Hérouville-Saint-Clair, a pu me proposer un rendez-vous m’a convaincue que ce choix était le bon.
Je vérifie pour la millième fois mon paquetage, ajoutant ceci, retirant cela – souvent le même objet ou similaire, à quelques heures d’intervalle.
Le départ approche, c’est demain ! Mais nouveau retournement de situation. Je ne partirai pas lundi 6 février à 11h comme prévu mais à 13h après… un aller-retour express à Paris ! Le départ au Canada était ma priorité. Dès la réception de la lettre d’instruction pour les données biométriques, il semblait primordial d’en effectuer le relevé dès que possible. Un créneau était libre ce lundi matin à Paris et me permettait de revenir à Caen pour l’heure du déjeuner. Ne croyant toujours pas aux coïncidences, l’intuition me souffle que partir l’esprit léger et avec le sentiment d’avoir tout fait, me permettra d’être concentrée sur ma conduite, ma destination et mon trajet, à 100%. Que l’aventure débute ! Mes pneus sont flambant neufs, qu’importe si je finis engourdie par le froid, j’ai déjà hâte de rencontrer Marie et toutes ces autres personnes férues de deux-roues ! Finie la zone de confort et ce quotidien bien trop conventionnel, comme dirait Rémi Gaillard, « c’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. » Vendu !
La suite de ce voyage ? Ici !

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